Un studio lancé en deux mois. Une ingénieure noire face à des trafiquants. Des tickets de coproduction à partir de 1 000 euros. Christian Dzellat-Nkoussou, fondateur du média Nofi, ne théorise pas le changement, il le finance, le tourne et le distribue lui-même.
Christian Dzellat-Nkoussou présente Nofi Studio et son premier long-métrage devant le public du cinéma L’Arlequin : un projet bouclé en deux mois, financé par la communauté.
Christian Dzellat-Nkoussou face à son public : fondateur de Nofi depuis 20 ans, il franchit ce soir une nouvelle étape en lançant officiellement Nofi Studio.
Je refuse que dans 20 ou 30 ans, rien n’ait changé
Le 9 mai 2026, au cinéma L’Arlequin à Paris, dans le cadre de la NollywoodWeek, il présente le teaser de son premier long-métrage et lance officiellement Nofi Studio devant un public qui applaudit debout.
20 ans de média, 2 mois pour passer au cinéma
Nofi existe depuis vingt ans. Le média « Noir et Fier » a construit une audience, une identité, une légitimité. Mais Christian Dzellat-Nkoussou veut aller plus loin, sans attendre.
« Le film s’est fait vraiment sur un coup de tête », a-t-il dit à la salle.
Ce projet audacieux porte désormais un nom : Nofi Studio. L’entrepreneur s’affranchit des longs développements et des attentes institutionnelles traditionnelles pour imaginer, concevoir et commencer à tourner son œuvre en seulement huit semaines.
La salle de L’Arlequin retient son souffle : le teaser de Tessa Ovari, héroïne ingénieure d’un thriller africain,
vient d’être dévoilé.
Tessa Ovari : une héroïne du quotidien, pas du militantisme
L’héroïne s’appelle Tessa Ovari. Elle est ingénieure. Elle a développé un algorithme pour lutter contre la prolifération du chlordécone. Bloquée dans son immeuble avec des individus qui veulent s’en emparer, elle a 1h30 pour s’en sortir. C’est un thriller, pas un manifeste.
« L’activisme, c’est dans la représentation qu’on en fait », a-t-il dit à la salle.
Son modèle d’inspiration ? Eddie Murphy des années 80. « Dans Boomerang, dans Un Prince à New York, il n’y avait pas besoin d’être trop engagé. Ils étaient déjà Noirs et Fiers, mais dans la simplicité et dans la réalité. »
« La représentation la plus puissante, c’est celle qui représente ce que nous sommes dans notre quotidien », a-t-il confié à l’assistance.
La communauté comme banque
Nofi Studio ne dépend d’aucune institution. Le modèle est direct :
- tickets de coproduction à partir de 1 000 euros pour les actionnaires
- entrée comme coproducteur indépendant à partir de 5 000 euros
- distribution assurée par le studio lui-même, avec les agréments du CNC
Et si le CNC refuse ? « On se financera tout seuls. Il s’agit vraiment d’être dans l’autodétermination », a-t-il lancé à la salle.
« C’est la communauté ensemble. Ceux qui disent que les Noirs ne sont pas capables, c’est pas vrai. Il faut juste des projets sérieux et concrets », a-t-il dit au public.
Le tournage se termine entre le 7 et le 14 juin.
2027 : déjà un deuxième film en écriture
Nofi Studio ne s’arrête pas à un seul film. Le prochain s’appelle Mais qui a tué Tonton Paulin ? une comédie policière à la Agatha Christie, ancrée dans une réalité africaine contemporaine, prévue pour 2027. Un homme riche, une entreprise minière éthique, des neveux en conflit, et une disparition qui dérape.
Deux genres, une même vision : divertir sans complexe, représenter sans stéréotype.
« Je refuse que dans 20 ou 30 ans, rien n’ait changé »
Christian Dzellat-Nkoussou ne fait pas de discours. Il fait des films. Et il appelle la diaspora à le rejoindre.
Attentifs, les spectateurs découvrent un modèle inédit : un studio africain indépendant, sans institutions, ouvert aux coproducteurs dès 1 000 euros.
« Changer les choses, ça demande du temps. Moi je refuse que dans 20 ou 30 ans, on se réunisse et que rien n’ait changé », a-t-il dit à l’assistance.
Les portes sont ouvertes. L’histoire de Tessa Ovari n’est pas encore finie. Celle de Nofi Studio ne fait que commencer.
Nofi Studio a été officiellement lancé le 9 mai 2026 au cinéma L’Arlequin à Paris, dans le cadre de la 13e édition de la NollywoodWeek Film Festival, parrainée par Thomas Ngijol.

Written by Rédactrice Ebène
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