L’Afrique ne veut plus subir, elle conçoit. Réunis à Paris le 21 mai 2026 lors de la Semaine Africaine de l’UNESCO, experts et chercheurs ont posé les bases d’un continent prêt à financer ses propres solutions face au changement climatique et aux défis d’infrastructure.
En Salle II, les experts décryptent les clés du codéveloppement économique.
Haute diplomatie : les représentants des États membres suivent attentivement les exposés scientifiques.
En Afrique, les déchets organiques sont vraiment très abondants et on peut facilement les utiliser pour décontaminer les effluents à faible coût
100 millions de raisons d’agir
Le point de départ est un paradoxe que la salle saisit immédiatement. « 100 millions de personnes en Afrique n’ont pas accès à l’eau potable, alors que les rivières coulent », a révélé Changhe Chekara, représentant du Fonds de l’eau de la SADC, dans un entretien accordé à Ébène Magazine.
Pour inverser la tendance, son institution se tient prête à jouer les passerelles, mobiliser des subventions, cofinancer les projets d’infrastructure en cours. Mais la mécanique financière ne suffit pas seule.
Clap de fin en Salle II : les visages de cette session historique réunis pour la postérité.
Une assistance captivée et connectée pour soutenir les solutions présentées par les chercheurs.
Unie pour l’Afrique : la photo de famille des intervenants à la clôture de la Session 7.
Liliana, intervenante du panel, a posé une condition claire devant l’assistance : « La transparence doit être au cœur de toutes les politiques publiques, et les investissements doivent s’unir plus que jamais pour qu’on puisse dépasser ces blocages. »
Pour la diaspora et les investisseurs, les opportunités de partenariats public-privé se multiplient, à condition d’une gouvernance irréprochable.
Des déchets organiques comme solution low-cost
L’ingéniosité africaine n’attend pas les grands budgets. Gaëtan Akotto Achiepo, doctorant ivoirien en Génie des Procédés et Environnement à l’INP-HB, en est la preuve concrète. Ses travaux portent sur la bio-filtration à partir de ressources locales.
« En Afrique, les déchets organiques sont vraiment très abondants et on peut facilement les utiliser pour décontaminer les effluents à faible coût », a-t-il expliqué à l’assistance en marge de sa présentation.
Ce savoir-faire cherche désormais des alliances pour passer à l’échelle industrielle. Dans la même dynamique, Martin Manuhwa, président du Comité de renforcement des capacités à la FMOI, a lancé un appel direct à la salle :
- accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle
- amener le développement technologique jusqu’aux populations rurales
- construire des ponts concrets entre recherche académique et terrain
Entre tradition et modernité, les stands d’exposition séduisent les participants de la Semaine Africaine.
Le signal envoyé à la diaspora
Le message de cette session résonne comme une profession de foi : le continent dispose des compétences, des innovations et des chercheurs. Ce qui manque encore, ce sont les financements partagés pour transformer durablement l’écosystème africain.
La diaspora est directement interpellée. Pas comme spectatrice, comme actrice.

Written by Rédactrice Ebène
Related Articles
Related
Des tomates pour purifier l’eau : la diaspora africaine réinvente le traitement des eaux usées
EBÈNE MAGAZINEDes plantes locales pour filtrer les eaux usées, une moyenne d'âge de 30 ans, et une ambition claire : éradiquer le choléra et la diarrhée. Présentée à Paris lors de la Semaine Africaine de l'UNESCO le 21 mai 2026, l'innovation portée par l'association...
EBÈNE MAGAZINEUn studio lancé en deux mois. Une ingénieure noire face à des trafiquants. Des tickets de coproduction à partir de 1 000 euros. Christian Dzellat-Nkoussou, fondateur du média Nofi, ne théorise pas le changement, il le finance, le tourne et le distribue...
Wire Wire : quand le génie africain se retrouve piégé par le système
EBÈNE MAGAZINEUn développeur brillant, un logiciel révolutionnaire, une accusation de vol. Présenté le 10 mai 2026 au cinéma L'Arlequin dans le cadre de la NollywoodWeek, Wire Wire pose une question que la diaspora africaine connaît bien : à quoi sert le talent quand...
Rejoignez la communauté Ebène
Ne manquez aucune de nos exclusivités web et participez au débat sur nos réseaux sociaux.