La cour d’appel de Liège a condamné, le 10 février 2025, Julienne Mpemba à quatorze années de réclusion criminelle ferme et 8 000 euros d’amende pour un vaste trafic d’enfants entre Kinshasa et la Belgique. Cette juriste de 48 ans, fondatrice de l’orphelinat Tumaini, a été reconnue coupable d’enlèvements, de prises d’otages et de traite d’êtres humains. Le verdict, qui alourdit de quatre ans la peine de première instance, a été assorti d’une arrestation immédiate.
Verdict historique à Liège : Julienne Mpemba condamnée à quatorze ans de prison ferme
Délégation belge en visite à l’orphelinat Tumaini en Rd Congo 2023, pour créer un partenariat.
« Julienne Mpemba y détaillait froidement un plan de « cession » de quatre-vingts enfants, espérant un bénéfice de 480 000 dollars, soit environ 300 000 euros », révèle un courriel de 2013 saisi par l’enquête et cité par MediaCongo.net.
L’orphelinat Tumaini : une vitrine humanitaire pour un commerce criminel
Derrière la façade de l’orphelinat Tumaini, créé en 2008 à Kinshasa, Julienne Mpemba avait mis en place un système implacable.
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Le mode opératoire : Des enfants congolais, âgés de deux à cinq ans, étaient arrachés à leurs familles biologiques sous des prétextes trompeurs. L’établissement était parfois présenté aux parents comme un simple « camp de vacances ».
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Le transfert : Une fois isolés, les mineurs étaient envoyés vers la Belgique. Pour valider ce trafic, la prévenue falsifiait identités et dates de naissance, créant des dossiers de toutes pièces pour tromper les autorités et les familles adoptives belges.
Enfants volés en Rdc : 10 ans de prison pour Julienne Mpemba. Extrait du JT RTBF du12 oct. 2024
Lubumbashi : Le Rajep de Junior Monga remettant plusieurs vivres aux orphelins de Tumaini
La marchandisation de l’enfance pour le profit
Les motivations de Julienne Mpemba étaient purement pécuniaires. L’enquête a révélé un courriel de 2013 détaillant froidement un plan de « cession » de 80 enfants pour un bénéfice estimé à plusieurs centaines de milliers de dollars.
« Les juges ont souligné que, dans l’esprit de la juriste, les enfants n’étaient que des marchandises à monnayer. »
La qualification de « prise d’otages » a été maintenue : les mineurs étaient retenus en captivité en attendant que les familles adoptives versent des « rançons déguisées » sous forme de suppléments de fonds.
Un traumatisme profond et un vide juridique
Malgré les manœuvres de la défense, la justice liégeoise a envoyé un signal de fermeté absolue. Cependant, ce verdict laisse les victimes dans une angoisse permanente.
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Incertitude administrative : Les documents de naturalisation étant falsifiés, le statut de ces adolescents reste flou.
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Crainte des familles : Les parents adoptifs, bien que de bonne foi, redoutent désormais une déchéance de nationalité pour leurs enfants.
Vigilance accrue sur l’adoption internationale
Cette affaire marque une étape essentielle pour restaurer la dignité des familles biologiques congolaises. Elle souligne la nécessité d’une coopération judiciaire renforcée entre la Belgique et la République démocratique du Congo.
Au-delà de la sanction, ce procès rappelle que la protection de l’enfance doit demeurer le socle inviolable de toute solidarité internationale.

Written by adminEbene
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Un très bel article de votre part!! Très intéressant et on sens que le sujet a était très bien travaillé.
Enfin une condamnation à la hauteur de la gravité des faits. La justice a parlé.
Bonjour à vous,
effectivement, la justice belge a parlé
l’équipe Ébene magazine vous remercie de l’intérêt que vous portez à notre projet.
Justice pour ces enfants et tout les enfants du monde victime de maltraitance. Très belle article merci beaucoup de nous informer surtout sur ce qui concerne notre diaspora pour que nous puissions également protéger nos enfants.
Bonjour monsieur Joseph,
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