Le réalisateur Thierno Souleymane Diallo a marqué les esprits au Louxor ce 14 mars 2026. Dans une quête presque mystique, il traque Mouramani (1953), premier film d’Afrique francophone aujourd’hui introuvable. Pour la diaspora, ce combat n’est pas qu’artistique : c’est une lutte pour que l’imaginaire africain ne soit plus une terre en friche.
Caméra au poing et souvent pieds nus , Diallo à la recherche des
derniers vestiges du premier film africain dans les rues de Paris
Dans le cadre prestigieux de la salle du Louxor à Paris, le réalisateur Thierno Souleymane Diallo répond
aux interrogations d’un public captivé par son épopée documentaire.
Le monde est un océan d’images fabriqué par quelques-uns. Si on n’a pas d’images de chez nous dans cet océan, on disparaît ».
À travers son œuvre « Au-delà de la pellicule », Diallo ne se contente pas de filmer ; il mène une opération de sauvetage. En parcourant les décombres des anciennes salles de projection en Guinée, il cherche à restaurer une identité visuelle là où le silence et l’oubli commençaient à s’installer.
Caméra au poing et souvent pieds nus pour marquer son ancrage à la terre, Diallo à la recherche des
derniers vestiges du premier film africain dans les rues de Paris
Saisis par l’histoire : les visages d’un public captivé par la quête mémorielle de Thierno Souleymane Diallo au Louxor.
Regards croisés : le public d’Africapitales face aux archives recherchées, un instant de reconnexion profonde avec ses racines.
L’image comme rempart contre l’effacement
Le constat du cinéaste est sans appel : une culture qui ne se filme pas finit par être racontée par les autres.
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Souveraineté visuelle : « Le monde est un océan d’images fabriqué par quelques-uns. Si on n’a pas d’images de chez nous dans cet océan, on disparaît », a confié Thierno Souleymane Diallo à Ebène Magazine.
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Urgence de la transmission : Face à une jeunesse dont l’imaginaire est saturé par les standards étrangers, le réalisateur veut réapprendre aux enfants à voir leur propre histoire. « Si on ne se raconte pas nos propres histoires, nous avons un véritable souci de transmission », a-t-il ajouté.
Africapitales : Le pont des mémoires
Cette quête de patrimoine trouve un écho particulier au festival Africapitales, au Lavoir Moderne Parisien. Pour Khalid Tamer, directeur artistique, il s’agit de soigner l’amnésie qui guette parfois l’exil.
« Mon travail est de mettre le lien entre ceux qui vivent ici et l’histoire oubliée du continent pour essayer de reconnecter les mémoires », a dit Khalid Tamer à Ebène Magazine.
Une industrie culturelle créatrice de valeur
Loin d’être une simple vitrine nostalgique, le festival défend la professionnalisation du secteur. Avec un budget de plus de 70 000 euros, Africapitales prouve que la culture est un métier qui mérite investissement et structure.
Souvent pieds nus pour marquer son ancrage à la terre, Diallo en route pour Paris, à la recherche des derniers vestiges de «Mouramani»
« Les mille artistes qui viennent ne viennent pas gratuitement, nous les accompagnons car c’est la reconnaissance de leur place dans l’écosystème culturel européen », a révélé Khalid Tamer à Ebène Magazine.

Written by adminEbene
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