Le passé ne meurt jamais, il attend d’être raconté. Au Lavoir Moderne Parisien, l’auteur Hakim Bah a transformé la douleur historique de la Guinée en une performance cathartique. Avec sa lecture musicale « 8 novembre », il réveille les fantômes du régime de Sékou Touré pour offrir à la diaspora une clé essentielle : celle de la reconquête de son propre récit.
L’alchimie parfaite : quand les mots d’Hakim Bah rencontrent les cordes vibrantes de Victor Pitoiset.
Une écoute religieuse : quand la douleur de la Guinée traverse l’Atlantique et touche les cœurs à Paris.
J’ai trouvé cela fragile et direct. Je ne m’attendais
pas à ce niveau d’incarnation des diverses voix par lesquelles on a reçu cette histoire ;
c’était profondément émotionnel , a confié Sarah, une participante, à Ebene Magazine.
Les 10 et 11 mars 2026, dans le cadre du festival Africapitales « Conakry à Paris », le public a vécu une expérience pétrifiée. Hakim Bah ne s’est pas contenté de lire un texte ; il s’est incarné, laissant son corps vibrer sous le poids des pendaisons de 1971. Pour la diaspora guinéenne et africaine de France, cet événement est bien plus qu’une pièce de théâtre : c’est un pont intergénérationnel entre ceux qui ont fui le « monstre » et ceux qui cherchent à comprendre leurs racines.
Hakim Bah : son corps vibre au rythme de sa propre litanie urbaine « Hamdalaye Bambéto Cosa Cité
Lambandji… », transmettant physiquement au public l’agonie et la mémoire du camp Boiro.
L’info brute : Briser le silence du Camp Boiro
Le spectacle plonge dans les abysses du Camp Boiro, où 50 000 âmes ont péri sous la torture et la « diète noire ». Hakim Bah érige la parole en rempart contre l’effacement :
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Le symbole du Pont : Le texte évoque le pont du 8 novembre à Conakry, temple des exécutions, que certains voudraient aujourd’hui démolir pour effacer les traces.
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L’investissement culturel : Un budget de plus de 70 000 euros a été mobilisé par Khalid Tamer et la compagnie Graines de Soleil pour porter ce cri mémoriel.
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La visibilité nationale : Faire de la Goutte d’Or le carrefour d’une « hyper-rencontre » entre l’histoire tragique et l’espoir créatif.
L’écriture comme arme de compétitivité
Pour Hakim Bah, la culture n’est pas un luxe, c’est un outil de puissance. Il a confié une réflexion majeure à Ebène Magazine :
« La littérature et le théâtre permettent de nourrir une pensée et de porter un regard sur le monde. C’est un outil qui nous rend compétitifs dans tous les domaines, même économiques, car cela permet d’assurer une pensée et de savoir à quel moment on vit. »
La diaspora face à son miroir
L’enjeu ici est la transmission. Comment se définir à Paris sans connaître le drame de Conakry ? Khalid Tamer, directeur d’Africapitales, souligne cette urgence de reconnexion :
« En étant de la diaspora, on ne connaît pas toujours nos histoires africaines. Ce qui m’intéresse, c’est de reconnecter les gens avec leur culture et leur mémoire, de remettre en lumière ce qui a pu être oublié. »
Portrait d’un éveilleur de consciences : Hakim Bah, le corps et l’esprit habités par l’histoire.
Cette résonance émotionnelle a été confirmée par les spectateurs. Sarah, journaliste, témoigne de l’impact de cette incarnation : « C’était profondément émotionnel. Je ne m’attendais pas à ce niveau d’incarnation des diverses voix par lesquelles on a reçu cette histoire. »

Written by adminEbene
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