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Written by Rédactrice Ebène

Un film kenyan tourné avec trois mois de salaire, une actrice recrutée sur Instagram, une IA mise au défi. Présenté le 8 mai 2026 à Paris dans le cadre de la NollywoodWeek, Memory of Princess Mumbi bouscule les codes du cinéma africain.

Shandra Apondi incarne Mumbi dans le film Memory of Princess Mumbi, présenté à la NollywoodWeek 2026 à Paris — un film kenyan de science-fiction afrofuturiste réalisé par Damien Hauser.

Un billet qui change de mains : le public répond présent pour Memory of Princess Mumbi.

Shandra Apondi incarne Mumbi dans le film Memory of Princess Mumbi, présenté à la NollywoodWeek 2026 à Paris — un film kenyan de science-fiction afrofuturiste réalisé par Damien Hauser.

Le public de L’Arlequin avant le début de Memory of Princess Mumbi.

J’ai essayé de faire un film que l’IA ne pourrait jamais faire », dit le réalisateur

L’histoire se déroule en 2094. Une Grande Guerre des années 2070 a effacé les technologies modernes et fait renaître les royaumes. Kuve, aspirant réalisateur, part filmer un documentaire sur ce monde post-apocalyptique. Il s’attend à trouver le désespoir. Il trouve la paix. Et Mumbi.

Le film a été présenté au cinéma L’Arlequin à Paris, dans le cadre de la 13e édition de la NollywoodWeek Film Festival (6-10 mai 2026), parrainée par Thomas Ngijol.

Tourné avec presque rien

Le budget total du film ? L’équivalent de deux à trois mois de salaire européen. « Il n’y avait presque pas de budget », reconnaît le réalisateur suisse Damien Hauser devant le public parisien. Concrètement, ça donne :

Accrédité par la NollywoodWeek, Ébène Magazine vous invite à découvrir un extrait de Memory of Princess Mumbi. Cliquez sur lecture pour visionner la vidéo !

Conférence Résister par l'art à la Maison des étudiants canadiens, Paris.

Damien Hauser et Shandra Apondi devant l’affiche du Nollywood Week Film Festival, en compagnie d’un membre de l’équipe du festival.

Conférence Résister par l'art à la Maison des étudiants canadiens, Paris.
  • une actrice qui faisait son propre maquillage
  • des billets d’avion négociés auprès d’autres festivals
  • des personnages portant toujours les mêmes vêtements

Seul le son a bénéficié d’un financement extérieur, via le Red Sea Fund. « Le budget pour le son était plus élevé que tout le reste du film réuni », confie Hauser, sourire en coin.

Un rôle écrit pour ses yeux

Shandra Apondi, qui incarne Mumbi, ne connaissait pas Damien Hauser quand il l’a contactée sur Instagram. Il lui demande de quitter Nairobi pour Watamu, ville côtière, et de rejoindre une équipe d’inconnus. « J’étais un peu anxieuse », confie-t-elle à Ébène Magazine.

Ce qui la convainc, c’est un détail dans le scénario : la lune qui s’écrase sur la Terre se transforme en son œil , avec sa tache caractéristique, que Hauser avait remarquée sur ses vidéos. « Oh mon Dieu, ce rôle est vraiment pour moi », réalise-t-elle à la lecture du script.

Faire ce que l’IA ne peut pas faire

Memory of Princess Mumbi utilise l’intelligence artificielle pour construire ses univers visuels , mais pour mieux s’en affranchir. « J’ai essayé de faire un film que l’IA ne pourrait jamais faire », dit le réalisateur.

Son raisonnement : l’IA génère à partir de ce qui existe déjà. Lui casse les structures. La règle principale du cinéma , le conflit au deuxième acte , est délibérément ignorée. « J’ai essayé de me concentrer uniquement sur les beaux moments de la vie. » Le film ne raconte pas une guerre. Il raconte ce qui reste après.

Dans la salle, un spectateur interpelle Hauser : « Vous êtes l’IA. » Il veut dire que les références convoquées , de Star Wars aux empires mandingues du Mali , témoignent d’une intelligence culturelle qu’aucun algorithme ne peut simuler.

L’Afrique, un futur ancré dans son passé

C’est là que le film touche à quelque chose de plus grand. Pour Damien Hauser, le futur du continent réside dans un passé que la modernité a presque effacé. « Il y a tellement de potentiel pour construire non pas avec du ciment, mais comme autrefois, avec de la boue et de la terre. Nous pouvons trouver beaucoup d’indices dans le passé pour notre futur », nous a-t-il dit

Shandra Apondi, elle, n’a pas eu besoin de chercher loin pour habiter son personnage. « Une grande partie de Mumbi, c’est moi. » Ce que le film capte , ces visages, ces gestes, ces silences , c’est précisément ce que le réalisateur cherchait depuis toujours : le vrai, là où la fiction ne suffit plus.

À la sortie du cinéma, Fara, spectatrice travaillant en finance de marché, résume bien ce que le film provoque : « C’était très loin de ma vision, mais j’ai trouvé ça très intéressant d’avoir pu avoir cette expérience », a-t-elle confié à Ébene magazine

Mélanie Vincent, fondatrice de KWE, s'exprimant sur l'identité autochtone.

Une salle acquise pour un film kenyan tourné avec deux ou trois mois de salaire européen.

Memory of Princess Mumbi a été présenté le 8 mai 2026 au cinéma L’Arlequin à Paris, dans le cadre de la 13e édition de la NollywoodWeek Film Festival.

Written by Rédactrice Ebène

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