
Le trophée du Prix du Public 2026, remis au nom d’Onobiren : récompense d’un film sur la sororité, plébiscité par une salle parisienne majoritairement féminine.
EBÈNE MAGAZINE

Written by Rédactrice Ebène
Deux films primés, un message de sororité porté jusqu’à Paris, une salle qui vote et une soirée Afrobeats pour finir debout. La cérémonie de clôture de la 13e édition de la NollywoodWeek au cinéma L’Arlequin, parrainée par Thomas Ngijol, ne ressemble pas à une simple remise de prix : c’est une communion. Ce 10 mai 2026, le festival s’impose une fois de plus comme un rendez-vous incontournable du paysage culturel parisien.
Un film, c’est un message que le réalisateur nous adresse. C’est important de savoir si on a bien compris le message, s’il nous correspond, s’il nous parle », dit-elle à Ébène Magazine.
Onobiren : le triomphe de la sororité
Le prestigieux prix du public revient cette année au film Onobiren. C’est Miss Nigeria Diaspora Europe, élue depuis novembre 2025, qui remet le trophée devant une salle en liesse. La réalisatrice, dont le film vient de terminer sa diffusion au Nigeria, étant absente, c’est Asey Akpawa qui la représente sur scène.
« Je ne suis pas surprise que le public l’ait adoré ici à Paris. Cela montre que lorsque vous racontez des histoires authentiques, vous trouvez forcément votre public », confie-t-elle à Ébène Magazine.
Le message du film est simple et direct : « Les femmes qui soutiennent les femmes ».
« Le film suit l’histoire d’une jeune fille soutenue par une femme qui, autrement, l’aurait détestée », explique-t-elle à Ébène Magazine.
Dans une salle parisienne majoritairement féminine ce soir-là, le propos résonne fort.
Accrédité par la NollywoodWeek, Ébène Magazine vous invite à découvrir un extrait exclusif d’Onobiren, grand vainqueur du Prix du Public ! Cliquez sur lecture pour lancer la vidéo.
The Fisherman : une première historique pour le Ghana
Le jury attribue le prix du meilleur long-métrage à The Fisherman de Zoey Martinson, saluant unanimement « une narration simple, abordant de nombreux défis ». C’est la toute première fois dans l’histoire de la NollywoodWeek qu’un film ghanéen remporte ce prix. La réalisatrice n’étant pas présente, le jury annonce avec humour que le trophée lui sera envoyé par DHL.
Une résonance thématique inattendue unit d’ailleurs les deux œuvres de la soirée : The Fisherman et Onobiren explorent tous deux l’univers de la pêche, sans que cela ait été concerté.
Le public vote, l’industrie écoute
Cette édition confirme que le spectateur de la diaspora n’est plus un consommateur passif. Il vote, il tranche, il oriente.
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Antonia (employée dans les télécoms) : « Je trouve important qu’on prenne aussi en compte l’avis des spectateurs », confie-t-elle à Ébène Magazine.
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Evelyne (ancienne expert-comptable au Congo) : « Un film, c’est un message que le réalisateur nous adresse. C’est important de savoir si on a bien compris le message, s’il nous correspond, s’il nous parle », dit-elle à Ébène Magazine.
Cette implication du public est capitale pour l’avenir de l’industrie. Serge Noukoué, cofondateur du festival organisé par l’association Okada Media, mesure l’impact de ces votes sur la programmation des éditions futures.
« Le vote du public nous donne quelques éléments pour mieux maîtriser ce que le public recherche. Ça joue un rôle dans la sélection des films », révèle-t-il à Ébène Magazine.
Un bilan en croissance, des places encore à prendre
Avec treize éditions au compteur et une vingtaine de films projetés chaque année pour un public de plus en plus diversifié, Serge Noukoué tire un bilan mesuré mais optimiste.
« On est toujours en croissance, mais on a encore de la place », confie-t-il à Ébène Magazine.
Il lance également un appel direct à la communauté :
« C’est important de nous soutenir, non seulement cette année, mais les années qui viennent aussi. »
Ogene clôt le voyage, l’Afrobeats prend le relais
Le film de clôture, Ogene, tourné entre Lagos et Yokohama au Japon, est projeté en avant-première européenne. Son réalisateur, Andy Okoroafor, monte sur scène avec une émotion visible et remercie ceux qui l’ont accompagné depuis ses débuts. Influencé par le cinéma japonais des années 70 et la Nouvelle Vague française, il laisse son œuvre parler à sa place.
« Pour moi, le cinéma, c’est découvrir un monde. Ce n’est pas faire un film pour divertir les gens, ça ne m’intéresse pas vraiment », dit-il au public.
La soirée ne s’arrête pas là. Le cinéma L’Arlequin se transforme ensuite en salle de fête. Une soirée Afrobeats clôt cette 13e édition dans la joie et le mouvement. La diaspora africaine de Paris ne repart pas seulement avec des images plein la tête : elle repart avec une énergie débordante.

Written by Rédactrice Ebène
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