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Written by Rédactrice Ebène

Derrière les paillettes et les bandes-son entraînantes, Evi Superstar raconte une vérité que la diaspora africaine connaît bien : le succès fragilise autant qu’il élève. Présenté le 8 mai 2026 au cinéma L’Arlequin à Paris, dans le cadre de la NollywoodWeek, ce premier long-métrage musical de la réalisatrice nigériane Uyoyou Adia arrive direct du Nigeria, où il est sorti fin mars 2026.

Pauline Monka, couronnée Miss RDC Diaspora France 2026 lors de la finale à Gennevilliers, affichant son écharpe officielle devant le public.

Le public du cinéma L’Arlequin réuni pour découvrir Evi Superstar, premier long-métrage musical de Nollywood présenté en compétition.

Affiche du film Evi Superstar, premier long-métrage musical de la réalisatrice nigériane Uyoyou Adia, présenté en compétition à la NollywoodWeek 2026 au cinéma L'Arlequin à Paris.

Nehita Irieme, actrice et productrice exécutive d’Evi Superstar, devant l’affiche du Nollywood Week Film Festival 2026.

Nous sommes pressés de vouloir obtenir une célébrité instantanée et d’agir comme si nous étions au-dessus de tout le monde, sans penser au fait que nous devons aussi avoir une bonne attitude

Un film musical né d’une obsession

L’histoire suit Queen, une actrice montante qui gravit les échelons de Nollywood au 21e siècle, avant de se heurter aux démons de son propre succès. Pour incarner ce personnage, une règle absolue s’impose au casting : l’actrice principale doit savoir chanter.

« C’était primordial », a confié Uyoyou Adia à Ébène Magazine.

Certaines des chansons entendues dans le film ont d’ailleurs été écrites et interprétées par les acteurs eux-mêmes.

Ébène Magazine vous invite à découvrir un extrait de Evi Superstar. Cliquez sur lecture pour lancer la vidéo !

Une salle attentive pour un film qui tend un miroir à toute une génération sur les dérives de la célébrité instantanée.

Rétrospective des couvertures historiques d'Ébène Magazine de 1991 à 2026 - 35 ans de presse panafricaine.

Une fiction qui touche juste

Dès la lecture du scénario, les membres de l’équipe posent tous la même question : de quelle star nigériane s’agit-il ? La réponse de la réalisatrice est nette : personne.

« C’est une pure fiction », a-t-elle dit. Mais une fiction qui résonne. « Ce sont des situations que traversent les artistes, mais aussi les créatifs dans tous les domaines : ils atteignent le sommet, et parfois leur attitude provoque leur chute, puis ils doivent se reconstruire », a-t-elle expliqué.

À l’heure où l’Afrobeats fabrique des célébrités à vitesse industrielle, le propos tombe avec une acuité particulière.

La célébrité instantanée, piège d’une génération

Le film s’adresse directement à la jeunesse africaine — et la réalisatrice l’assume pleinement.

« Nous sommes pressés de vouloir obtenir une célébrité instantanée et d’agir comme si nous étions au-dessus de tout le monde, sans penser au fait que nous devons aussi avoir une bonne attitude », a-t-elle confié à Ébène Magazine.

En cours d’écriture, elle a même rajeuni le personnage principal, « parce que cela correspond à ce qui se passe dans le monde et au Nigeria en ce moment. » Un choix qui transforme Evi Superstar en miroir tendu à toute une génération.

Le tabou que Nollywood commence à briser

Au-delà du récit de célébrité, le film ouvre une conversation plus difficile. Nehita Irieme, qui joue un personnage de l’entourage toxique, va plus loin que l’interprétation.

« Beaucoup de gens font de grands projets et ils échouent ; quand ils ne réussissent pas, ils ne peuvent pas en parler à cause de la honte », a-t-elle révélé à Ébène Magazine.

Elle pointe un vide inquiétant dans un secteur qui produit plus de 2 500 films par an : « Dans l’industrie en ce moment, je sens qu’il n’y a pas assez d’organismes qui veillent sur les cinéastes, surtout en termes de santé mentale. »

Pauline Monka, couronnée Miss RDC Diaspora France 2026 lors de la finale à Gennevilliers, affichant son écharpe officielle devant le public.

Uyoyou Adia dans le hall de L’Arlequin : sept ans après y avoir présenté son premier court-métrage, elle revient avec son premier long.Nnn,,,

Sept ans après, le même cinéma, une autre échelle

La NollywoodWeek occupe une place particulière dans le parcours d’Uyoyou Adia. C’est au cinéma L’Arlequin, il y a sept ans, qu’elle présente son tout premier court-métrage, #TheForesight. Elle y revient aujourd’hui avec son premier long.

Et elle n’est pas revenue seule :

  • Judith Audu, productrice sur #TheForesight en 2019, est à nouveau productrice sur Evi
  • la maquilleuse du court-métrage occupe le même poste sur le film

« Judith Audu était productrice à l’époque, elle est productrice maintenant », a dit simplement Uyoyou Adia. Une fidélité rare dans une industrie qui court vite.

Evi Superstar était présenté en compétition à la NollywoodWeek 2026, en lice pour le Prix du Public et le Prix du Jury. La cérémonie de clôture s’est tenue le 10 mai au cinéma L’Arlequin à Paris.

Written by Rédactrice Ebène

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